Le communautaire à boutte – Un signal à entendre collectivement
Le mouvement Le communautaire à boutte se déployant au niveau national, met en lumière une réalité bien présente sur le terrain : les organismes communautaires portent une part essentielle de notre cohésion sociale, souvent avec des ressources limitées et une pression grandissante. Alors que les besoins explosent au sein d’une population vieillissante, le nouveau budget Girard ne change en rien la donne. Et faisant partie d’un écosystème régional préoccupé par la question du vivre-ensemble, nous ne pouvons qu’être sensibles et solidaires à ce qui se vit dans le secteur communautaire. Dans plusieurs organisations, les conseils d’administration — composés de citoyennes et citoyens engagés, agissant à titre d’employeurs — ont donné un mandat de grève pour deux semaines. Un mandat qui s’amorce cette semaine. Un geste inédit témoignant d’une tension réelle entre la mission sociale, les responsabilités de gouvernance et la capacité financière des organisations à offrir des conditions de travail soutenables, traduisant un enjeu structurel qui mérite d’être entendu. Le milieu communautaire se distingue du secteur de l’économie sociale sans s’y opposer. Le communautaire agit principalement dans une logique de mission sociale, de soutien aux personnes et de défense collective des droits. L’économie sociale, quant à elle, regroupe des entreprises collectives — OBNL et coopératives — qui conjuguent mission sociale et activités économiques structurées. Les vases communicants sont toutefois nombreux : gouvernance citoyenne, responsabilité d’employeur, recherche d’équilibre financier, ancrage territorial. De la même manière qu’il existe des liens entre l’économie sociale et l’économie dite libérale — à travers les partenariats, les chaînes de valeur et l’innovation — il existe une interdépendance réelle entre le communautaire et l’économie sociale. Mais même avec toute la créativité dont est capable le milieu communautaire, générer des revenus pour offrir de meilleures conditions salariales est, dans certains cas, impossible. La fragilisation du communautaire a des répercussions sur l’ensemble des activités économiques d’une région. Une région attractive ne se définit pas uniquement par ses investissements ou sa croissance économique, mais par la qualité de son tissu social, la solidité de ses services de proximité et sa capacité à offrir un environnement accueillant et stable. Les organismes communautaires et les entreprises d’économie sociale contribuent directement à l’intégration durable des personnes, à la rétention des familles, à la vitalité des quartiers et des municipalités. Assurer la pérennité des organisations communautaires, c’est investir dans la cohésion sociale, dans l’intégration à long terme des nouveaux arrivants et dans la qualité de vie qui rend un territoire habitable et attractif. Le défi n’est pas idéologique : il est structurel. Et il mérite des réponses à la hauteur du rôle fondamental que jouent ces organisations au cœur de nos communautés ainsi que des engagements à la hauteur des défis rencontrés sur le terrain.